Sécuriser un accident sur la route : protéger sans s’exposer
Un accident de la route ou sur la voie publique, ça ne prévient pas. On sort du supermarché, on entend un grand bruit, on voit du monde s’agiter autour d’une voiture, d’un vélo, d’un...
On entend souvent parler d’accidents de la route, mais beaucoup moins du suraccident. Pourtant, c’est une réalité. Selon la Sécurité routière, 13% des personnes tuées sur l’autoroute en 2022 l’ont été alors qu’elles se trouvaient hors de leur véhicule, souvent après un premier choc (source : Sécurité routière). Ce sont des victimes directes… ou des personnes venues aider.
Le suraccident, c’est ce nouvel accident qui survient sur un lieu déjà accidenté. Un autre véhicule heurte la pile déjà à l’arrêt, un passant traverse au mauvais moment, un secouriste improvisé est renversé alors qu’il pensait bien faire. Il ne faut pas culpabiliser : quand on voit quelqu’un en difficulté, tout le monde a envie d’aider. Mais on n’a pas appris à se protéger, et c’est parfois là que le danger arrive.
Ce que j’aimerais ici, c’est montrer qu’on peut agir, sans se mettre soi-même – ni les autres – en danger. Ce sont des gestes simples, qu’on applique partout : sur la route, dans la rue, près d’un chantier ou même à vélo.
Quand l’accident vient de se produire, la tentation, c’est de courir tout de suite vers la victime. Mais la règle numéro un, c’est de se protéger et de protéger le lieu. Sinon, on multiplie les victimes, et on rend la tâche plus difficile aux secours professionnels.
Un matin d’hiver, sur une départementale, un cycliste chute suite à une plaque de verglas. Plusieurs voitures s’arrêtent. Une maman, tout de suite, sort avec son gilet jaune, pose son triangle, réoriente les piétons sur le trottoir qui longe la rue et empêche un ado, paniqué, de traverver entre les voitures pour aider. Résultat ? Les pompiers interviennent rapidement, aucun suraccident. Parfois, protéger, c’est simplement canaliser ceux qui veulent aider.
Quand la zone est sécurisée, on passe à l’étape suivante : alerter. On appelle le 112 (numéro d’urgence européen), le 15 (SAMU), ou le 18 (pompiers). Très souvent, la rapidité de l’appel, et surtout sa clarté, change tout.
Les opérateurs des secours vont guider la suite. Écoutez-les à chaque étape. Plusieurs vies peuvent dépendre d’une description claire.
C’est la partie la plus concrète et la plus, disons-le, délicate. Par nature, un accident, c’est un lieu de chaos. Les autres véhicules ralentissent, s’arrêtent, ou zigzaguent. C’est là que surviennent le plus grand nombre de suraccidents, surtout sur les routes à fort trafic.
D’après une enquête de l’ONISR, 738 piétons ont été tués en France en 2021 (rapport Sécurité routière 2022), beaucoup lors d’actions de secourisme improvisées sur le bord de la voie. Un chiffre qui rappelle que la prudence n’est pas de la lâcheté, mais du soin collectif.
| Situation | Protection | Circulation | Actions supplémentaires |
|---|---|---|---|
| Accident sur autoroute | Se déplacer derrière les barrières de sécurité; ne jamais rester sur la chaussée | Utiliser le téléphone d’urgence orange si possible ; signaler l’accident bien en amont | Évacuer les passagers rapidement hors du véhicule |
| Accident en zone urbaine | Protéger la zone avec le triangle ; déplacer les piétons et enfants loin du danger | Diriger éventuellement la circulation depuis le trottoir | Signaler à un commerce ou à la mairieAppeler le 17 (police), surtout en cas de dégâts matériels importants |
| Accident à vélo ou moto | Utiliser lampe ou gilet fluo ; s’éloigner des zones de circulation rapide | Éviter de manipuler le blessé si suspicion de traumatisme grave | Demander du renfort sur place pour protéger les deux sens de circulation |
On veut naturellement aider, mais certains gestes sont à bannir car ils aggravent les risques :
Parfois, on se sent impuissant face à l’accident. Mais à chaque minute, tout compte. Selon une étude du Bureau européen de la sécurité routière, assurer la sécurité du lieu dans les 5 minutes suivant l’accident réduit de plus de 40% le risque de suraccident (Road Safety Performance Index, 2021).
On sous-estime aussi l’impact psychologique : voir des passants calmes, organisés, incite les automobilistes à ralentir. Même quelqu’un debout, à 100m du crash, avec un gilet fluo et un bras tendu – c’est un peu l’effet “rond-point” : on fait attention, on se met en vigilance.
Ces réflexes de sécurité ne s’inventent pas dans le stress. On peut les apprendre à l’auto-école, lors de sessions PSC1 (formation premiers secours), ou simplement en s’informant, ici ou ailleurs. En parler avec son entourage, ses enfants, c’est déjà préparer chacun à mieux réagir. D’après la Croix Rouge, seuls 27% des Français se sentent capables d’intervenir efficacement lors d’un accident (source : enquête Croix Rouge, 2022). Mais ce sont des gestes accessibles à tous, quel que soit l’âge ou la condition physique.
Vous pouvez constituer dans votre voiture un “kit sécurité” : gilet fluo, lampe, sifflet, couverture de survie, petite trousse de premiers secours. C’est l’exemple tout simple, mais qui peut faire la différence un jour.
Si vous avez lu jusqu’ici, vous avez déjà fait un pas vers plus de sécurité autour de vous. Apprendre à agir sans se mettre en danger, c’est le plus beau geste de vie qu’on puisse faire.
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