Sécuriser un accident sur la route : protéger sans s’exposer
Un accident de la route ou sur la voie publique, ça ne prévient pas. On sort du supermarché, on entend un grand bruit, on voit du monde s’agiter autour d’une voiture, d’un vélo, d’un...
On pense souvent, quand on imagine une urgence, au premier accident : un enfant qui chute, une voiture qui percute un vélo, un malaise soudain à la sortie du collège. On oublie que, très régulièrement, l’aide – celle qu’on veut apporter, celle qu’on appellerait tous sans réfléchir – peut, elle aussi, mettre en danger. Les chiffres sont là : selon les enquêtes de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, environ 10 % des blessés sur la route le sont lors d’un “sur-accident” (source : Sécurité routière). C’est-à-dire, quand d’autres accidents surviennent alors que les secours – professionnels ou simples passants – sont déjà présents.
La route, c’est le cas le plus connu. Mais le sur-accident concerne aussi la maison, l’école, le sport… On improvise, on se précipite sans réfléchir, on oublie de protéger la scène, et la première bonne intention tourne à la deuxième urgence.
Le point commun à toutes ces situations : notre réflexe naturel d’aider, qui peut vite devenir dangereux si le lieu, l’environnement ou la scène n’ont pas été protégés.
C’est la première étape de toute intervention. Protéger, avant de porter secours ou même d’appeler à l’aide.
Beaucoup de formations de premiers secours, comme le PSC1 (Croix-Rouge Française), commencent par cette base : Protéger – Alerter – Secourir. L’ordre n’est pas anodin. Si on ne protège pas la scène, on peut aggraver la situation, pour soi comme pour les autres.
Dans 80 % des cas de sur-accident sur autoroute, les piétons étaient les victimes (source : Assurance Prévention, 2023). Pour une intervention d’urgence sur la route, la vraie urgence, c’est de se faire voir et d’éviter d’être au milieu du trafic.
Un soir, une maman descend précipitamment de sa voiture pour aider son enfant, tombé en croisant la route en vélo. Un camion arrive, la visibilité est faible. Un passant arrête la maman : “Reculez ! Votre fils vous voit. Mettez ce gilet, attendez, le danger est là.” Ce passant a probablement sauvé deux vies, pas une.
Les accidents domestiques font chaque année près de 20 000 morts en France, et des milliers de blessés (source : Santé Publique France). Parmi ces blessés, beaucoup d’aidants ou de proches venus aider… qui n’ont pas évalué le péril ambiant.
Je me souviens d’un papa très calme, qui a coupé le courant général quand sa fille, brûlée par un câble dénudé, criait dans la cuisine. Trois autres enfants allaient la rejoindre, paniqués. Son sang-froid a évité le pire. Son secret ? Quelques heures de formations, un jour de collège, et la phrase : “On se protège avant de soigner.”
Dans une cour de récréation, au supermarché, dans un gymnase… Les regroupements, la précipitation, peuvent mener à un “effet domino”.
Les situations de bousculade (dans les écoles, lors d’événements ou même à la sortie du métro) causent chaque année des dizaines d’accidents, parfois plus graves que le problème initial.
Un réflexe à retenir : On fait “la sécurité de la scène”, même avant la victime.
| Situation | Risque de sur-accident | Geste de protection |
|---|---|---|
| Accident sur route | Heurt par un véhicule | Port du gilet, poser un triangle, sortir du véhicule, se mettre derrière la barrière de sécurité |
| Saignement en cuisine | Coupure électrique, infection, projection | Débrancher machines/outils, mettre des gants |
| Incendie domestique | Inhalation de fumée, explosion, chute | Couper l’électricité/gaz, ne pas rentrer si trop de fumée |
| Malaise sur voie publique | Bousculade, chute, nouveau malaise | Éloigner la foule, signaler le danger |
L’idéal : prendre deux secondes, respirer. Évaluer la scène. Ce n’est pas perdre du temps, au contraire. Les secours trouvent souvent sur les lieux plus de blessés que prévu, parce que les premiers aidants n’étaient pas protégés.
Des formations de premiers secours existent, accessibles dès l’adolescence et même en école primaire sous forme d’initiations. On peut s’entraîner à ces réflexes en famille, au travail, avec les enfants ou les collègues.
On croit, parfois, qu’être inutile c’est rester en retrait. Mais alerter, prévenir d’un danger, encadrer la zone, c’est agir.
Rappeler aux personnes autour le risque, expliquer calmement la marche à suivre (“Éloignez-vous de la barrière”, “Ne touchez à rien”, “Attendez que j’aie coupé le courant”) est un vrai geste de secours.
On peut tous aider même sans être “au premier rang”. C’est un rôle précieux, et trop souvent négligé.
C’est en multipliant les ambassadeurs du “geste juste”, qu’on protège vraiment.
Derrière chaque geste qui sauve, il y a presque toujours une vigilance collective. On peut tous aider, et on peut tous prévenir le sur-accident par une seule question : “Suis-je en sécurité ?”
Si vous êtes arrivé(e) jusqu’ici, félicitations. Ce sont ces réflexes, ces questions, ces petits mots qui font la vraie différence. En les partageant, vous faites déjà grandir la sécurité autour de vous.
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