5 janvier 2026

Savoir réagir : les gestes clés pour aider une victime avant l’arrivée des secours

Agir dès les premières secondes : pourquoi cela change tout

Chaque jour, dans la rue, à la maison, à l’école ou au sport, des situations imprévues surgissent. Un malaise au supermarché. Un enfant qui tombe du toboggan. Un collègue qui s’étrangle à la pause déjeuner.

Ce sont rarement des scènes de film. C’est la vraie vie, celle de tous les jours. Or, on ne nous apprend pas assez comment donner les premiers secours, alors que, selon la Croix-Rouge, près de 20 000 vies pourraient être sauvées chaque année en France si plus de personnes connaissaient les gestes d’urgence (source).

Alors, comment réagir sans paniquer pour aider une victime, en attendant les professionnels ? On ne demande pas d’être un super-héros. Juste d’agir simplement, humainement, au bon moment.

La logique des secours citoyens : les 4 grandes étapes

  • On observe. Comprendre ce qui se passe, en sécurité.
  • On protège. Sécuriser les lieux et la victime.
  • On alerte. Demander de l'aide et donner des informations précises.
  • On agit. Les gestes immédiats qui peuvent tout changer.

Cette petite liste, on la retient : Observer. Protéger. Alerter. Agir. Ce sont les bases du secourisme.

1. Observer : s’arrêter, regarder, comprendre

La peur de mal faire paralyse beaucoup de gens. Pourtant, dès la première seconde, observer la scène permet déjà d’aider :

  • Que s’est-il passé ? (Une chute, un choc, un malaise ?)
  • Y a-t-il un danger immédiat pour moi ou la victime ? (Circulation, électricité, feu ?)
  • La personne est-elle consciente ? Réagit-elle ?
  • Respire-t-elle normalement ?

Un exemple réel : il y a quelques mois, dans un stade, une adolescente s’est effondrée après un sprint. Beaucoup ont crié, d'autres ont fait un cercle autour d’elle – ce qui n’aide pas toujours. Une maman, elle, a simplement observé : pas de convulsions, pas de blessure visible, la jeune fille respirait mais ne répondait pas. Elle a calmement protégé l’endroit. Un réflexe qui a permis de gagner un temps précieux.

2. Protéger : ne pas rajouter de blessés

On l’oublie, mais avant de porter secours, il faut être sûr de ne pas se mettre soi-même en danger, ni d’aggraver la situation.

  • Sur la route, on met un gilet jaune et on balise pour éviter un sur-accident.
  • En cuisine, on éloigne les enfants ou les animaux du danger (four, couteau, eau bouillante…)
  • Si la victime est au sol, on évite de la déplacer sauf difficulté à respirer ou grand danger (fumée, incendie…)

Un geste qui rassure et rassure aussi les proches présents. On ne rajoute pas de blessés, on protège la scène.

3. Alerter : donner l’alerte de façon efficace

On n’attend pas que la situation devienne critique pour appeler des secours. Plus les professionnels arrivent vite, meilleures sont les chances de la victime.

  • Le bon numéro en France :
Situation Numéro
Urgence vitale (incendie, accident grave, détresse) 112 (numéro d’urgence européen, partout depuis un mobile)
Secours médical 15 (SAMU)
Pompiers 18
Police 17

Conseil : demander à quelqu’un d’autre de prévenir, pour rester auprès de la victime. Donner votre localisation précise. Ne jamais raccrocher si on vous dit d’attendre.

En 2022, selon le Ministère de l’Intérieur, 25% des appels d’urgence mettent plus de 1 minute avant de localiser l’accident (source). D’où l’importance de situer très clairement : “devant le 8 rue X, en face de la boulangerie Y”.

4. Agir : les gestes à connaître devant les situations les plus fréquentes

Ça paraît parfois impressionnant. Mais, dans la grande majorité des situations, il y a quelques réflexes qui peuvent tout changer, même sans matériel.

Saignement abondant

  • Appuyer directement sur la plaie avec un linge propre.
  • Allonger la victime, surélever si possible la zone qui saigne (sauf si ça fait trop mal).
  • Si le linge est imbibé, en rajouter un autre par-dessus, sans retirer le premier.

Une hémorragie sévère peut provoquer une perte de connaissance en moins de 1 à 2 minutes (INRS). Appuyer, c’est gagner du temps.

Malaise : agir face à une perte de connaissance

  • Si la personne ne réagit pas mais respire : placer sur le côté (position latérale de sécurité, PLS).
  • Si elle ne respire pas : débuter immédiatement un massage cardiaque (appuyer fort et rapidement au centre de la poitrine).
  • Attendre les secours, sans arrêter les gestes si le cœur ne repart pas.

Moins de 7% des Français savent commencer correctement une réanimation cardio-pulmonaire, alors qu’une simple compression thoracique, sans bouche-à-bouche, a déjà permis de sauver beaucoup de vies (Santé Publique France).

Étouffement

  • Si la personne parle ou tousse, ne pas intervenir tout de suite et inciter à tousser fort.
  • Si plus de son ni de souffle :
    • 5 claques fermes dans le dos (entre les omoplates, penchée en avant),
    • Puis 5 compressions abdominales (la “manœuvre de Heimlich”).

Un jour, à l’école, une prof a tout simplement conseillé à l’enfant : “Penche-toi, tousse fort, encore !” La bouchée est ressortie et l’histoire s’est bien terminée. Des gestes simples, appris grâce à une affiche dans le réfectoire.

Traumatisme (chute, choc, possible fracture ou entorse)

  • Immobiliser la zone blessée avec ce qu’on a sous la main.
  • Appliquer du froid (pas directement sur la peau), si besoin.
  • Ne pas faire boire ou manger, ne pas bouger la victime si suspicion de colonne.

Pour les enfants, 60% des conséquences graves liées à une chute se jouent dans les 10 premières minutes, le temps que l’on protège et soutienne la zone blessée (Assurance Maladie).

Brûlures

  • Refroidir la zone, le plus vite possible : 10 à 15 minutes sous l’eau du robinet (température ambiante).
  • Ne rien mettre d’autre (ni beurre, ni dentifrice, ni pansement adhésif).
  • Retirer délicatement les vêtements autour, sauf s’ils collent à la peau.

Chaque minute compte : une brûlure refroidie dans la première minute cicatrisera souvent bien mieux (Source : Fédération nationale des sapeurs-pompiers).

Erreur fréquente : vouloir trop faire ou paniquer

On croit parfois qu’il faut en faire plus, parler fort, déplacer vite… En réalité, parfois “ne rien faire de mauvais”, c’est déjà aider.

  • Ne pas faire boire une victime inconsciente.
  • Ne pas utiliser de médicaments (sauf sur prescription, pour la personne concernée).
  • Ne pas faire marcher quelqu’un qui pourrait avoir la jambe fracturée.
  • Ne pas essayer de réanimer quelqu’un qui respire déjà normalement.

L’importance d’apprendre, petit à petit, au fil de la vie

Ce n’est pas en lisant une seule page qu’on devient incollable. Mais chaque petit geste appris compte.

Les gestes qui sauvent sont comme une ceinture de sécurité : on espère ne jamais avoir à s’en servir, mais ils peuvent tout changer, pour quelqu’un qu’on aime, ou pour un inconnu dans la rue.

  • Participer à une initiation : la Croix-Rouge, les pompiers, de nombreuses associations (voire votre mairie) proposent des sessions gratuites ou à petit prix (voir Croix-Rouge).
  • Discuter avec ses proches, ses enfants : “Si tu faisais un malaise, tu voudrais que je fasse quoi ?”
  • Regarder les affiches, les vidéos officielles : elles sont claires, simples, et peuvent s’imprimer chez soi (voir Gouvernement.fr).

Comme cette petite fille de neuf ans, qui, juste après avoir vu une affiche à l’école, a sauvé sa sœur d’un étouffement avec les claques dans le dos. Une histoire qui n’a pas fait la une des journaux, mais qui aurait pu être bien différente.

Vers une société où chacun peut agir : le pouvoir des 5 premières minutes

Apprendre à observer sans paniquer. Protéger… avant de s’élancer. Alerter efficacement. Agir avec calme, même un geste simple.

On n’a pas besoin d’être parfait, mais on peut tous faire la différence dans les 5 premières minutes.

Si vous avez pris le temps d’aller au bout de cet article, vous faites déjà partie de ceux qui veulent s’entraider.

Et c’est sans doute le plus beau des gestes de vie.

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