Le fil conducteur : sécurité, alerte, action
En urgence, le cerveau va parfois plus vite que les mains. Alors mieux vaut avoir en tête une trame, comme un fil d’Ariane :
- 1. Observer et protéger
- 2. Donner l’alerte
- 3. Agir dans l’attente des secours
1. Observer et protéger : prendre une seconde pour mieux aider
La précipitation, c’est une réaction humaine. Mais avant de s’élancer vers la personne qui va mal, on regarde. C’est une priorité souvent oubliée.
- Sécuriser la zone. Un accident de la route, un malaise sur un chantier, une chute près d’un fil électrique… Il faut toujours vérifier qu’on ne risque pas de s’exposer (ni d’aggraver la situation). C’est instinctif pour un professionnel, mais chez soi ou dans la rue, on n’y pense pas assez.
- Évaluer d’un coup d’œil. Qui est en danger ? Combien de personnes sont concernées ? La semaine dernière, une maman m’a expliqué qu’après la chute de sa fille à vélo, elle s’est rendu compte que son fils, resté sur la route, était aussi en danger à cause de la circulation.
2. Donner l’alerte : le plus vite possible
On croit souvent qu’il faut d’abord “voir si ça passe”. Mais dans la majorité des situations, il vaut mieux alerter les secours au plus tôt. Perdre du temps peut aggraver l’état de la personne, ou retarder la prise en charge.
- En France, composez le 15 (Samu), 18 (pompiers), ou le 112 (numéro européen d’urgence).
- Précisez l’adresse, le nombre de personnes, l’état apparent de la victime (consciente ou non, respire ou non, saigne beaucoup…)
- Ne raccrochez jamais en premier. Les opérateurs peuvent guider sur les gestes à faire en attendant.
Un papa croisé aux urgences, très calme malgré la panique autour de lui, m’a confié avoir utilisé un kit d’urgence vu à l’école pour expliquer clairement la situation aux secours. Résultat : une intervention plus rapide et adaptée.
3. Agir en attendant les secours : les gestes qui sauvent
On se sent parfois impuissant. Pourtant, chaque minute compte. Voici une liste de réflexes à garder en tête, selon les situations courantes.
| Situation |
Gestes à avoir |
| Saignement abondant |
- Appuyez fortement sur la plaie avec un tissu propre.
- Allongez la personne pour éviter qu’elle ne perde connaissance.
- Ne cherchez pas à retirer des objets plantés dans la plaie, cela peut aggraver le saignement.
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| Étouffement |
- Si la personne tousse, encourager la toux : c’est le signe que de l’air passe encore.
- Si elle ne peut plus parler ou respirer : 5 tapes fermes entre les omoplates.
- Si ça ne suffit pas : manœuvre d’Heimlich (comprimer l’abdomen juste sous les côtes, vers vous).
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| Malaise (perte de connaissance, inconscience) |
- Parlez fort, secouez doucement l’épaule pour tester la conscience.
- Si respire : basculez en position latérale de sécurité (PLS).
- Si ne respire pas : allongez sur le dos, commencez un massage cardiaque (appuis rapides et fermes au centre de la poitrine) et demandez un défibrillateur si possible.
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| Brûlure |
- Faire couler de l’eau fraîche (pas glacée) sur la zone brûlée, au moins 10 minutes.
- Retirer les vêtements autour, sauf s’ils collent à la peau.
- Ne jamais percer les cloques ni appliquer de corps gras.
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| Traumatisme (chute, choc) |
- Ne déplacez pas la personne si une atteinte à la colonne vertébrale est possible (chute de hauteur, choc violent).
- Immobillisez le membre blessé, par exemple à l’aide d’un vêtement roulé.
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