Traiter les situations les plus courantes
Les chutes : foulures, fractures et traumatismes
La majorité des accidents de randonnée et de vélo en forêt sont causés par une chute : racine, pierre, sol glissant…
En France, la fracture la plus fréquente en randonnée, c’est la cheville (source : FFRandonnée). Pour le vélo, c’est le poignet.
Quels réflexes adopter ?
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En cas de douleur à un membre (entorse, fracture suspectée) :
- Ne pas forcer à faire marcher ou à bouger la zone blessée.
- Immobiliser “comme c’est” : on cale le bras contre le corps, la jambe avec un bâton ou le sac – ne jamais remettre soi-même un os “en place”.
- Glacer si possible (gourde fraîche, serviette mouillée, pas de glace directement sur la peau si on en trouve !).
- Surveiller l’apparition d’un engourdissement, d'une déformation marquée, d’une pâleur du membre ou d’un saignement important.
- Appeler les secours si la personne ne peut pas se déplacer ou si la douleur semble trop intense.
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En cas de blessure minime (égratignure, coup léger) :
- Nettoyer (eau claire si possible, éviter les feuilles ou l’eau de ruisseau sauf s’il n’y a rien d’autre !).
- Couvrir la plaie si elle saigne, panser si possible.
- Rappeler le risque d’infection (tétanos si la vaccination n’est pas à jour).
Le choc à la tête : quand s’inquiéter ?
Un guidon qui part, une chute sur un rocher : la tête morfle vite.
Parfois, ce n’est rien, parfois il faut agir vite.
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Quand consulter d’emblée ?
- Si la personne a perdu connaissance, même brièvement.
- Si elle vomit, se plaint de violents maux de tête, a une vision floue, ou ne se souvient plus de ce qu’il s’est passé.
- Si le comportement change (confusion, somnolence, agitation inhabituelle).
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Que faire en attendant les secours ?
- Allonger la personne, la couvrir, lui parler régulièrement.
- La laisser éveillée, surveiller la respiration et l’état d’éveil.
Anecdote : “Un cycliste de 40 ans, tombé loin de tout réseau, est resté sous surveillance amicale pendant plus d’une heure après un léger malaise. Son ami l’a gardé éveillé, lui parlait doucement, surveillait le moindre signe inhabituel. Les secours, une fois là, ont salué ce “gardien du calme” — c’est aussi ça, l’urgence citoyenne.”
Les blessures graves : grand saignement
On ne le répétera jamais assez : un saignement massif doit être stoppé d’urgence.
Exemples : un coup de guidon mal placé qui entaille profondément la cuisse, ou un bâton dans la main.
Oui, ça arrive, et pas que dans les films.
- Appuyer fermement sur la plaie, avec ce qu’on a : main propre, tissu, parfois même une écharpe ou un t-shirt.
- Garder la pression sans relâcher jusqu’à l’arrivée des secours, même si le sang diminue.
- Éloigner la personne du sol humide ou froid, la couvrir.
- Si on est seul, appeler ou crier à l’aide pendant la compression.
À retenir : jamais de garrot sauf risque vital et impossibilité d’autre geste — et seulement si on est formé.
Le saviez-vous ? Selon la Croix-Rouge, la compression directe suffit dans 90 % des cas de saignement important.
Source : La Croix-Rouge Française