30 décembre 2025

Quand chaque minute compte : bien guider les secours dans un endroit difficile d’accès

Pourquoi c’est crucial d’aider les secours à arriver plus vite

Les premières minutes d’une situation d’urgence sont toujours décisives. On se dit souvent : “Ils sauront trouver.” Mais en réalité, même avec toute la bonne volonté et la technologie du monde, localiser une maison isolée, un appartement perdu dans une grande résidence ou une cabane en forêt, ce n’est pas toujours simple pour les secours.

En France, selon le ministère de la Santé, le délai moyen d’arrivée des secours urbains est d’environ 13 minutes, mais ce chiffre monte à 17 minutes en zone rurale (Santé Publique France). Et chaque minute de perdue, c’est une perte de chance pour la personne à aider. Sans parler du stress que cela provoque, de part et d’autre.

Guider les secours, c’est donc simple à dire, mais ça demande de connaître quelques réflexes. Voyons comment faire pour ne pas perdre de temps précieux.

En pratique : que faire quand on demande de l’aide dans un lieu difficile d’accès ?

Voici les grands principes à avoir en tête. Pas de panique : tout le monde peut les retenir, il s’agit seulement d’anticiper… et d’oser agir.

  • Rester précis sur l’adresse et la localisation exacte
  • Faciliter l’accès en amont
  • Se préparer à aller à la rencontre des secours
  • Transmettre des repères visuels simples
  • Utiliser la technologie à bon escient (partage de position, applications spécialisées…)

On développe chacun de ces points ci-dessous, avec, à chaque fois, des astuces simples à mettre en œuvre.

1. L’adresse : plus on précise, mieux c’est !

C’est la base, mais en situation de stress, on oublie parfois le numéro, l’étage, le code… D’où l’importance de :

  • Donner l’adresse complète : numéro, rue, code postal, commune. Si jamais vous êtes dans un hameau ou une zone-dit, indiquez bien le nom exact. Les GPS connaissent parfois mieux le nom du lotissement que celui de la ruelle.
  • Nommer l’interphone, le code porte, la couleur du portail… Par exemple, “2e bâtiment, interphone ‘Martin’, code 2451, portail vert en bois”.
  • Décrire le point d’accès : “C’est la maison en retrait, toit rouge, boîtes aux lettres alignées devant”.
  • Préciser un point de rendez-vous possible : “Rejoignez-moi à la barrière d’entrée du lotissement”, ou “Attendez-moi sur le trottoir devant la boulangerie, je vous guide après.”

Ça paraît évident, et pourtant… Régulièrement, aux urgences, on entend les pompiers ou le SAMU galérer pour trouver “la porte rouge”, mais il y en a trois dans la rue !

Cas pratique : immeuble compliqué

Dans certains quartiers, on peut passer un temps fou à trouver “la tour D, appartement 153”. Si c’est possible, descendez les attendre à l’entrée. Ou trouvez un voisin qui peut vous relayer. Tout ce qui permet de limiter la perte de temps est précieux.

2. Préparer l’accès : quelques gestes qui font gagner du temps

  • Laissez la porte d’entrée entrouverte, ou au minimum déverrouillée. Cela évite de perdre du temps à chercher un badge, un trousseau…
  • Allumez la lumière à l’extérieur, surtout la nuit. Un portail éclairé, ça se voit de loin.
  • Envoyez un enfant, un voisin ou un proche à l’entrée, s’ils sont disponibles.

Petite histoire vraie : la semaine dernière, lors d’une intervention en pleine nuit, les pompiers ont perdu 7 minutes à chercher une entrée cachée derrière une haie. Une ampoule de jardin, c’est tout ce qu’il aurait fallu.

3. Aller à la rencontre : quand c’est possible…

On ne s’y attend pas, mais parfois, c’est plus facile d’aller au-devant des secours, surtout sur de grands terrains, ou dans une zone de chantiers.

  • Sifflez, faites de grands gestes, tenez une lampe frontale ou un téléphone allumé : tout ce qui permet d’être visible.
  • Si vous êtes plusieurs, positionnez-vous à des points stratégiques (porte d’entrée, angle de rue, carrefour, entrée du chemin rural…)
  • En zone rurale ou forestière, signalez l’accès avec un gilet fluo, un foulard vif : c’est basique, mais redoutablement efficace.

Pour mémoire, plus de 20 % des interventions de secours en zone rurale prennent du retard à cause d’erreurs de localisation ou d’accès (source : Journal des Sapeurs-Pompiers de France).

4. Les repères visuels utiles

Une maison beige ressemble à une autre. Mais si vous dites “la maison avec le grand cerisier à droite”, c’est tout de suite plus simple.

  • Repérez tout ce qui sort de l’ordinaire : une voiture garée devant, une barrière bleue, des bacs à fleurs rouges…
  • En immeuble, mentionnez un élément visuel intérieur : “Montez l’escalier, je suis l’appartement à la porte jaune.”
  • Utilisez les commerces ou lieux connus : “Juste derrière la mairie”, ou “face à l’arrêt de bus”.

Il m’est arrivé plusieurs fois en intervention que la façade soit masquée, mais… un sapin géant à l’entrée, ça ne s’oublie pas.

5. La technologie à la rescousse

Les smartphones sont les meilleurs alliés du secours moderne. Deux outils simples :

  1. Le partage de position (géolocalisation) : tous les téléphones permettent désormais d’envoyer votre position exacte par SMS, WhatsApp ou autre. Si vous appelez le 112 depuis un portable, votre localisation est souvent transmise automatiquement grâce à l’AML (Advanced Mobile Location). Mais, dans le doute, dites clairement : “Je peux envoyer ma localisation par texto ?” La plupart des secours sont formés à recevoir ces infos.
  2. Les applications spécialisées, comme what3words : gratuite, elle permet de donner un point GPS sous forme de trois mots uniques. Pratique dans les chantiers, les zones rurales ou les événements sportifs. Les pompiers de certains départements y sont formés.

Bon à savoir : en 2023, près de 70 % des appels d’urgence vers le 112 étaient émis grâce à des portables géolocalisables (source : ANFR, Agence Nationale des Fréquences).

Anticiper, c’est déjà aider

  • Prenez une minute pour vérifier le numéro de rue sur votre portail : est-il bien visible de la route ?
  • Un code d’interphone compliqué ? Il vaut mieux l’écrire sur le frigo, disponible pour tous à la maison.
  • Lors d’une balade en forêt ou d’un événement sportif, prenez le réflexe d’ouvrir l’appli “Partager ma position”.
  • Si vous organisez une fête ou une activité au fond d’un parc ou d’une plage, placez des repères ou signalez dès l’entrée où vous vous situez.

Quand le cerveau panique, on oublie les évidences. Anticiper, préparer son adresse, c’est offrir de précieuses minutes aux secours, même (et surtout) lorsqu’on n’a jamais eu besoin d’eux.

En attendant les secours : comment optimiser leur intervention ?

Guider c’est bien, mais il y a “l’avant” et le “pendant” où l’on peut aider :

Si vous pouvez bouger : Si vous êtes bloqué(e) avec la victime :
  • Sortez à la rencontre
  • Placez un vêtement coloré sur la route
  • Appelez de la voix dès que vous voyez le véhicule des secours
  • Restez joignable par téléphone, ne raccrochez que si l’opérateur vous le dit
  • Restez avec la victime, rassurez-la
  • Communiquez en continu avec le centre d’appels
  • Décrivez ce que vous voyez autour de vous : “On entend les secours, on est à 50 mètres de la voix ferrée”
  • Tentez d’attirer l’attention : objet coloré à la fenêtre, cris, flash de la lampe du téléphone…

On l’oublie souvent, mais les opérateurs du 15, 18 ou 112 sont là pour vous guider. Si vous êtes perdu, bloqué, ou si la personne avec vous panique, dites-le clairement. Demandez : “Pouvez-vous rester avec moi au téléphone jusqu’à ce qu’ils vous localisent ?”

Les spécificités : forêt, montagne, chantiers, plages…

Chaque lieu difficile d’accès a ses particularités ! Quelques astuces concrètes selon le contexte :

  • Forêts et sentiers : repérez le numéro de la parcelle forestière, le panneau le plus proche, la distance depuis un rond-point ou une route importante. Beaucoup de forêts domaniales sont numérotées.
  • Montagne : pensez aux coordonnées GPS, mais aussi à la description du relief (“au pied de la falaise, à gauche du grand pin”).
  • Chantiers et zones industrielles : indiquez le nom de l’entreprise ou du lot, le bâtiment précis, le portillon ou la porte la plus directe. Il y a souvent plusieurs entrées !
  • Plages et zones fluviales : donnez un repère (“au niveau du poste de surveillance numéro 2”) ou la couleur du parasol, si c’est bondé.

À retenir : plus l’endroit est atypique, plus vos petits détails comptent.

Des gestes simples pour tous, chaque fois différents…

Ce qu’on ne nous dit pas assez, c’est que guider les secours, ce n’est pas “pour les autres”. Chacun peut être ce relais, celui ou celle qui fait gagner du temps, de la sérénité, et parfois, un résultat bien meilleur.

À l’école, sur la route, au jardin, en rando, dans l’immeuble ou dans un coin perdu, on peut tous aider les secours à arriver vite, et bien. Que vous ayez une application ou juste votre voix, c’est votre réactivité et votre sens pratique qui feront la différence.

Si vous avez parcouru cet article, vous connaissez maintenant des trucs précieux, testés sur le terrain. Un réflexe de plus dans votre trousse de secours personnelle !

Rappelez-vous : on ne naît pas tous “bon guide des secours”, on le devient… Un geste, une bonne info, et vous êtes déjà acteur de la chaîne du secours.

Les informations diffusées sur ce site, y compris les articles, analyses, données, conseils ou ressources, ne constituent pas un suivi médical et ne remplacent pas un avis professionnel. Elles sont fournies “en l’état”, à titre informatif uniquement. Ces informations ne doivent jamais servir de base unique à une prise de décision concernant votre santé. Toute action relative à un traitement, un diagnostic, une modification de mode de vie ou une interprétation de symptômes doit être réalisée en concertation avec un médecin. En accédant à ce site, vous acceptez que l’auteur ne soit pas responsable des conséquences directes ou indirectes liées à l'utilisation, correcte ou incorrecte, de ses contenus.

En savoir plus à ce sujet :