23 janvier 2026

Bons gestes et réflexes face à une brûlure chez soi : simple, rapide, efficace

Petite flamme, grande question : les brûlures, ça arrive souvent chez nous

Les brûlures domestiques, ça ne prévient pas. Une casserole d’eau bouillante, un fer à repasser trop proche, un four ouvert, une friteuse… Il suffit d’un instant. En France, on estime à 400 000 le nombre de brûlures chaque année, dont la majorité a lieu à la maison (source : Santé Publique France). Les enfants, les personnes âgées, mais aussi les plus pressés ou fatigués d’entre nous sont concernés.

La question, ce n’est pas “Est-ce que ça va m’arriver ?”, mais plutôt “Que faire si ça arrive devant moi ?” : c’est là que ça se joue. Parce qu’à ce moment-là, chaque minute compte vraiment.

Repérer la gravité : comprendre la brûlure en quelques secondes

Ce qu’il faut regarder en premier, ce n’est pas la couleur, la douleur, ou la taille seule. C’est l’ensemble. Pour faire simple, on distingue deux choses : la profondeur, et la surface.

  • Brûlure légère (ou superficielle) : Ça rougit, ça pique, parfois ça gonfle un peu, mais la peau reste “en place”.
  • Brûlure du second degré : Apparition de cloques transparentes, la peau suinte. C’est plus douloureux, parfois impressionnant.
  • Brûlure grave (profonde ou étendue) : Peau blanche, brune, noire ou cartonnée… Parfois, plus de douleur (la peau est “brûlée à vif”, les nerfs touchés).

La règle la plus simple : si la taille dépasse celle de la paume de la main de la personne brûlée, si le visage, les mains, les pieds, les organes génitaux ou les articulations sont touchés, ou si la brûlure est profonde ou circulaire, on considère comme grave. On ne reste pas seul, on appelle le 15.

Première étape : sécuriser avant d’aider

Avant d’approcher, on vérifie : le danger est-il écarté ? On protège. Chaque année, des brûlés supplémentaires sont en fait… des sauveteurs trop pressés d’aider sans voir la poêle en feu ou l’appareil électrique branché.

  • On coupe l’électricité si c’est une brûlure électrique (et on ne touche pas la victime tant que ce n’est pas fait).
  • On retire la source de chaleur rapidement : fait sortir la personne, éloigne la casserole, éteint la friteuse…
  • On se met en sécurité tous les deux.

Déjà, c’est un réflexe : on ne s’oublie pas. On ne s’expose jamais à un nouveau danger.

Refroidir : le geste le plus efficace et le plus simple

Beaucoup de gens hésitent. Refroidir ou pas ? De la glace ou de l’eau ? Ici, c’est très simple :

  • On passe la brûlure sous l’eau tempérée (15 à 25°C), à faible pression, pendant au moins dix minutes. Plus c’est rapide, mieux c’est. (Source : Fédération Française des Brûlés)
  • Jamais de glaçon, ni d’eau très froide. On risquerait un gel ou un sur-accident.
  • Pas besoin de désinfectant, ni d’alcool, ni de pommade à ce moment-là.
  • Si la brûlure est sous les vêtements, on retire doucement ce qui ne colle pas à la peau durant la douche. Si ça colle, on laisse. (On ne déchire surtout pas : la peau est fragile, garder intact ce qui peut l’être.)

Refroidir, ce n’est pas “pour ne plus avoir mal”, c’est pour stopper la progression dans la profondeur. Une brûlure, même petite, “avance” encore dans la peau pendant 15 à 20 minutes si on ne fait rien.

Un chiffre clé : selon l’Institut National de Veille Sanitaire, ce simple geste réduit la gravité dans 40 % des brûlures constatées ! C’est énorme, et accessible à tous.

Que faire après avoir refroidi ? Le “pansement” maison

Pour une brûlure légère :

  • On sèche doucement la zone (tamponner, jamais frotter).
  • On couvre d’un linge propre, non pelucheux (linge de coton, drap, compresse stérile si on en a, à défaut, même un torchon propre fait l’affaire).
  • On surveille : rougeur excessive, aggravation, fièvre ou douleurs qui persistent au-delà de 48h, on consulte un médecin.
  • On ne perce jamais les cloques ! : c’est la meilleure des protections naturelles contre l’infection. Celles qui se percent seules, on laisse la peau en place, on nettoie doucement, puis on couvre.

Pour une brûlure un peu plus sérieuse (cloque, suintement, ou si la zone est plus grande) :

Ici, on reste humble. Même si ça n’a pas l’air “catastrophique”, il vaut mieux montrer à un professionnel. En attendant d’aller chez le médecin, on continue :

  • Couvrir la brûlure comme ci-dessus.
  • Pas de crème, pommade ou corps gras. Oubliez le “beurre sur la brûlure” ou les remèdes de grand-mère : ça retient la chaleur, ça majore la lésion.
  • On rassure, on surveille, on aide à boire si besoin : une brûlure, même localisée, peut faire perdre de l’eau par la peau.

Brûlure grave : qui appeler, comment aider en attendant

Si on a repéré :

  • Brûlure profonde,
  • Grandes surfaces (plus qu’une paume de main),
  • Visage, main, pied, articulation, fesses ou organes génitaux,
  • Difficultés respiratoires après une brûlure au visage (suspicion d’inhalation de fumée, d’air chaud),
  • Enfant, personne très âgée, ou malade chronique concerné/e.

On appelle tout de suite le 15 (Samu) ou le 18 (Pompiers).

  • On continue à refroidir la zone (eau courante).
  • On place la personne en position allongée, jambes surélevées si possible, couvert d’un linge sec sur la brûlure.
  • On rassure, on surveille la conscience, la respiration.

Surtout, on ne donne rien à boire ou à manger si des soins sous anesthésie sont à prévoir (au cas où une opération soit nécessaire).

Petite astuce réelle et souvent utile : dans le doute, mieux vaut surprotéger (appeler le 15 “pour rien”), que de regretter d’avoir sous-estimé. Même les services d’urgence préfèrent ça.

Brûlures particulières : ce qu’on ne fait surtout pas

  • Brûlure chimique : On rince à l’eau, mais longtemps (15 à 30 minutes). On retire les vêtements contaminés, sans s’exposer soi-même.
  • Brûlure électrique : On ne touche pas la victime tant que le courant n’est pas coupé. Après, on surveille la conscience et la respiration, on refroidit les lésions visibles... et on appelle les secours systématiquement (risque interne “invisible”).
  • Brûlure par inhalation de fumée/flammes : Suspicion si toux, voix rauque, difficulté à respirer, traces noires autour du nez ou de la bouche. C’est d’office “grave” : appel au 15.

Anecdote courante en urgence : “Une maman arrive, son fils s’est renversé le bol de lait chaud sur la poitrine. Elle a foncé sous la douche, retiré le tee-shirt tout de suite (qui ne collait pas), puis couvert, puis appelé. Geste parfait. Les brûlures étaient superficielles, l’enfant a récupéré sans séquelle marquante.” On ne peut pas promettre zéro trace, mais on sait que le pronostic dépend beaucoup de notre premier réflexe.

Tableau récapitulatif des bons gestes selon la gravité

Situation Premier geste Que faire après Qui appeler
Brûlure légère (rougeur, petite cloque, zone < paume main) Refroidir 10 minutes sous l’eau Sécher sans frotter, couvrir propre, surveiller Médecin si doute
Brûlure moyenne (cloque, zone plus grande ou main/visage concerné) Refroidir longtemps, retirer vêtements non collés Couvrir, ne pas percer, boire prudemment, consulter Médecin, 15 si extension ou malaise
Brûlure grave (peau cartonnée/noire, respiration atteinte, enfant) Refroidir en continu si possible Allonger, surveiller, couvrir, rien par la bouche 15 (Samu) ou 18 (Pompiers) immédiatement
Brûlure électrique ou chimique Couper le danger, rincer très longuement Retirer vêtements contaminés, surveiller 15 ou 18 d’office

Des idées reçues à oublier, pour de bon

  • Non, le dentifrice sur une brûlure n’aide jamais. Ça aggrave.
  • Non, le beurre, l’huile, le blanc d’œuf sont contre-indiqués (risque infectieux, chaleur “retenue”).
  • Oui, l’eau est le meilleur réflexe, pour tous, pour tous les types de brûlures, sauf indication médicale spécifique.
  • On n’arrache jamais un vêtement collé, même s’il a l’air de “bloquer” la brûlure.
  • On ne “perte pas de temps” à chercher une crème miracle, la vraie urgence c’est refroidir, protéger, alerter si besoin.

Et après ? Prendre soin, prévenir, apprendre

Une brûlure, même légère, ça rappelle à tout le monde que le quotidien n’est jamais totalement “sûr”. Et pourtant, on peut réduire non seulement la gravité, mais la fréquence :

  • Dans la cuisine, on tourne les manches de casseroles vers l’intérieur.
  • On vérifie la température du bain ou du chauffe-biberon avant toute utilisation (saviez-vous qu’en 2 secondes à 60°C, la peau d’un enfant peut être brûlée au 3e degré ? Source : Fédération Française des Brûlés).
  • On s’équipe, sans tomber dans la parano, de détecteurs de fumée, de protections simples pour prises électriques, etc.
  • On explique aux enfants simplement, en montrant, plutôt qu’en faisant peur.
  • On garde dans la salle de bain ou la cuisine un linge propre dédié (idéal en cas de premier secours).

Savoir reconnaître la gravité, agir vite et simplement : ce sont des gestes de la vie, pas des gestes de professionnel. Si vous avez lu jusqu’ici, vous venez d’ancrer tout ça. Parler autour de soi, apprendre, c’est déjà rendre la maison plus sûre, pour soi et pour tous. Chacun à son niveau, chacun à sa façon.

Pour aller plus loin :

Vous venez de franchir une étape. On peut tous aider, et c’est rarement “parfait” – mais c’est souvent décisif.

Les informations diffusées sur ce site, y compris les articles, analyses, données, conseils ou ressources, ne constituent pas un suivi médical et ne remplacent pas un avis professionnel. Elles sont fournies “en l’état”, à titre informatif uniquement. Ces informations ne doivent jamais servir de base unique à une prise de décision concernant votre santé. Toute action relative à un traitement, un diagnostic, une modification de mode de vie ou une interprétation de symptômes doit être réalisée en concertation avec un médecin. En accédant à ce site, vous acceptez que l’auteur ne soit pas responsable des conséquences directes ou indirectes liées à l'utilisation, correcte ou incorrecte, de ses contenus.

En savoir plus à ce sujet :