29 janvier 2026

Malaise cardiaque : les signes à repérer et les gestes à adopter sans attendre

Pourquoi se préparer à reconnaître un malaise cardiaque ?

Qui n’a jamais entendu parler d’“infarctus” sans vraiment savoir à quoi s’attendre ? Pourtant, chaque jour, des personnes se sentent mal en plein supermarché, pendant une sortie entre amis, ou à la maison. Personne n’est à l’abri. Et dans plus de 70% des cas, cela survient devant des témoins… qui ne sont pas des professionnels de santé (source : Santé Publique France).

L’essentiel, c’est d’oser agir. On ne cherche pas à faire le travail des médecins, seulement à faire ce qu’on peut, en attendant. Savoir reconnaître les signes, c’est déjà une chance de plus pour la personne en difficulté.

Reconnaître un malaise cardiaque : les signes qui doivent nous alerter

Le mot “malaise cardiaque” impressionne, et on pense souvent à une crise spectaculaire. Or, les signes sont parfois très discrets, ou passent inaperçus. Voici les signaux d’alerte, tels qu’on les retrouve dans la vie courante.

  1. Douleur dans la poitrine : Douleur au centre ou à gauche du thorax, “comme un poids”, “un étau”, un serrement. Parfois, c’est une douleur qui irradie vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos. Mais pas toujours. Parfois, c’est juste un “gêne”.
  2. Sueurs inhabituelles : Transpiration abondante, froide, sans raison (pas d’effort, pas de température élevée).
  3. Pâleur, malaise, sensation de faiblesse : Visage qui blanchit brutalement, sensation d’être sur le point de s’évanouir.
  4. Essoufflement soudain : Impression d’avoir du mal à respirer, “comme si on n'arrivait plus à remplir ses poumons”.
  5. Nausées, vomissements : Parfois, le malaise cardiaque ressemble à… une indigestion. Ne pas se tromper : si les nausées s’accompagnent de douleurs thoraciques ou de sueurs, c’est un possible signal d’alerte.
  6. Palpitations, rythme cardiaque irrégulier : Le cœur “bat bizarrement”, s’accélère ou saute un battement. Ce n’est pas toujours douloureux.
  7. Perte de connaissance soudaine : Évanouissement sans explication évidente (pas de coup, pas d’hypoglycémie connue, etc.)

On le voit, le malaise cardiaque peut ressembler à d'autres malaises. C’est pour cela qu’on parle souvent de “tableau trompeur”, surtout chez la femme, où les signes sont parfois moins typiques : essoufflement, fatigue intense, mal au dos ou à l’estomac (source : Ameli.fr).

Contexte et situations à risque : qui peut être concerné ?

On pense souvent : “Ce n’est pas pour moi, je suis jeune, sportif, je fais attention.” Pourtant, selon la Fédération Française de Cardiologie, 1 arrêt cardiaque sur 10 touche une personne de moins de 50 ans, souvent sans antécédent apparent. Certains facteurs augmentent le risque :

  • Antécédents familiaux de maladie cardiaque
  • Cigarette, hypertension, diabète, cholestérol élevé
  • Sédentarité
  • Stress important, surmenage

Mais là aussi, il n’y a pas de règle. J’ai déjà vu un papa en pleine randonnée s’effondrer, alors qu’il ne se plaignait que d’une fatigue inhabituelle… C’est la réactivité d’un groupe d’amis pour appeler le 15 qui a tout changé.

Que faire face à un malaise cardiaque ? Les 5 étapes clés qui peuvent sauver

On voudrait toujours être sûr. Mais en présence du moindre doute, mieux vaut agir “pour rien” que regretter d’avoir attendu. Voici les étapes concrètes, celles que l’on conserve en tête comme un petit guide.

  1. Faire assoir la personne, ou la coucher si elle ne tient pas debout
    • On évite l’effort : la priorité, c’est de limiter la souffrance cardiaque.
    • Position semi-assise, adossée, jambes légèrement surélevées si possible (sauf en cas de gêne respiratoire où rester assis est préférable).
  2. Rassurer et rester à côté
    • Parler calmement, essayer de détendre l’atmosphère.
    • Ne pas laisser seule une personne en malaise cardiaque.
  3. Appeler les secours sans tarder
    • L’idéal : le 15 (Samu) ou le 112 (numéro européen).
    • Décrire les signes. Dire : “malaise, douleur poitrine, sueurs, personne pâle, etc.”
    • L’intervention rapide multiplie les chances de survie par 2 à 4 (source : Santé Publique France).
  4. Ne pas donner à boire, ni à manger, ni faire bouger
    • On évite toute agitation ou faux mouvement.
  5. Préparer l’arrivée des secours
    • Libérer l’accès, ouvrir la porte, préparer les documents médicaux si disponibles.
    • Si la personne a un traitement prescrit par son cardiologue (ex : spray sous la langue), on peut l’aider selon l’indication du médecin (jamais sans prescription préalable !).

Petit rappel : la plupart du temps, il n’est pas recommandé de donner de l’aspirine, sauf indication express des secours au téléphone. On attend les instructions.

Quand la situation s’aggrave ? Reconnaître l’arrêt cardiaque et (oser) agir

Parfois, la personne s’effondre, perd connaissance et ne respire plus normalement. Ici, pas de place au doute : chaque minute compte.

  • Ne réagit plus, ne respire plus normalement : Il faut appeler (ou faire appeler) immédiatement les secours (15/112).
  • Démarrer un massage cardiaque : On place le talon d’une main au centre de la poitrine, l’autre main par-dessus, bras tendus, on appuie fort et vite (100 à 120 compressions/minute : rythme du célèbre “Stayin’ Alive”). Peu importe la technique parfaite : ici, sauver la vie, c’est surtout oser intervenir.
  • Dégager un défibrillateur si possible : Les lieux publics sont de plus en plus équipés d’un DAE (Défibrillateur Automatisé Externe). Il explique tout à voix haute. On suit les instructions. Selon la Croix-Rouge, l’utilisation du défibrillateur dans les 3 à 5 premières minutes après l’arrêt cardiaque fait passer les chances de survie de 5% à 50% (Croix-Rouge Française).

Un jour, à la médiathèque, un jeune homme s’est écroulé devant l’entrée. C’est un adolescent, puis un agent d’entretien, qui ont commencé les premiers gestes, encouragés au téléphone par le Samu… Le défibrillateur public a fini le travail. Il rentrait chez lui le lendemain.

Les fausses idées qui font perdre du temps

  • “J’attends que cela passe” :
    • Un malaise cardiaque ne se résout pas en buvant de l’eau ou en prenant l’air. Chaque minute d’attente peut aggraver la situation.
  • “Il faut une douleur violente, comme à la télé” :
    • La moitié des infarctus, surtout chez la femme, commencent sans la “douleur en coup de poignard”. Rien ne remplace la vigilance.
  • “Je ne veux pas déranger les secours inutilement” :
    • Un appel, c’est gratuit. On préfère un déplacement inutile à des regrets éternels.

Comment se préparer : apprendre et transmettre autour de soi

Aujourd’hui en France, seuls 40% des témoins d’arrêt cardiaque débutent un massage avant l’arrivée des secours (source : Fédération Française de Cardiologie). Et pourtant, la plupart des arrêts cardiaques arrivent chez soi, devant sa famille, ses amis, ses collègues...

Il existe partout des formations de secourisme (Initiation aux Premiers Secours, Croix-Rouge, Protection Civile...). Une demi-journée, parfois moins, pour oser agir, reconnaître et ne pas rester seul.

Mais déjà, s’informer, lire, en parler, c’est préparer un réflexe. Dans mon service, je vois chaque semaine des personnes sauvées “grâce à un geste”, parfois fait par un adolescent, une voisine, un conjoint.

Signes d’alerte Geste à adopter
Douleur thoracique, oppression Mettre au repos, appeler le 15/112
Sueurs froides, pâleur, nausées Rassurer, rester présent, surveiller
Perte de connaissance Appeler les secours, surveiller la respiration, débuter les gestes de réanimation si besoin

Le bon réflexe, c’est déjà d’oser faire quelque chose

On n’a pas besoin d’être parfait, ni médecin, ni même “sûr à cent pour cent”. Il ne s’agit pas de sauver à tout prix, mais de donner une chance, là, tout de suite, en attendant les secours.

Le plus beau, c’est que plus on parle de secours, plus on apprend, même un petit peu, plus on partage cette culture du réflexe.

Si vous avez lu jusqu’ici, c’est une réelle avancée pour votre entourage. Un geste peut paraître anodin… mais il fait souvent toute la différence.

N’hésitez pas à partager autour de vous ou à transmettre ces réflexes – en famille, au travail, à l’école. Ensemble, on rend la vie plus sûre.

Les informations diffusées sur ce site, y compris les articles, analyses, données, conseils ou ressources, ne constituent pas un suivi médical et ne remplacent pas un avis professionnel. Elles sont fournies “en l’état”, à titre informatif uniquement. Ces informations ne doivent jamais servir de base unique à une prise de décision concernant votre santé. Toute action relative à un traitement, un diagnostic, une modification de mode de vie ou une interprétation de symptômes doit être réalisée en concertation avec un médecin. En accédant à ce site, vous acceptez que l’auteur ne soit pas responsable des conséquences directes ou indirectes liées à l'utilisation, correcte ou incorrecte, de ses contenus.

En savoir plus à ce sujet :