22 juin 2026

SOS : Savoir appeler les secours pour vraiment aider

Pourquoi bien appeler les secours, c’est déjà secourir

Appeler les secours, c’est parfois le premier et le seul geste à faire. Mais ce qui fait la différence, c’est la façon dont on transmet l’information. Une mauvaise transmission, et les équipes peuvent perdre de précieuses minutes, se tromper d’adresse, ou arriver sans le bon matériel. Au contraire, une personne qui sait décrire, localiser, expliquer… facilite tout. Un rapport du SAMU rappelle qu’un appel bien mené peut permettre de gagner jusqu'à 30% de temps sur la prise en charge.

Parfois, dans l’urgence, on a la “lumière qui s’éteint” : trou de mémoire, panique, les mots ne viennent pas, on confond adresse et nom de rue, on bugge sur le numéro à composer. C’est normal, et c’est humain.

Les numéros d’urgence à connaître et quand les composer

  • 15 : le SAMU (Service d’Aide Médicale Urgente). Pour tout problème médical grave, personne inconsciente, malaise, détresse respiratoire, saignement important.
  • 18 : les sapeurs-pompiers. Pour un feu, un accident de la route, ou toute situation de danger immédiat (accident domestique, chute grave, etc).
  • 17 : la police/gendarmerie. En cas d’agression, de violence, ou de situation sécuritaire.
  • 112 : numéro européen d’urgence. Valable partout dans l’UE depuis 1991 (Eurostat). Il aboutit à un centre d’appel qui oriente vers le SAMU, les pompiers ou la police selon la situation.

Beaucoup de gens appellent encore le mauvais numéro par habitude. Selon Santé Publique France (2022), “près de 25% des appels au 18 devraient aller au 15, et inversement”. Ce n’est pas grave, les secours transfèrent les appels, mais ça coûte du temps.

Étape par étape : comment passer un appel qui sauvera du temps

  1. On se protège. Avant d’appeler, assurez-vous de ne pas vous mettre en danger. Un accident sur la route ? On se met sur le bas-côté. Un feu ? On sort de la maison, etc.
  2. On s’isole pour entendre. Dans le stress, les bruits gênent la compréhension. Si possible, on s’écarte un peu pour pouvoir décrire calmement.
  3. On compose le bon numéro. Une affiche claire près du téléphone fixe, c’est une vraie aide (surtout chez les plus âgés).
  4. On répond calmement… même si le cœur bat vite.

Voici la méthode utilisée par les professionnels et recommandée par le SAMU :

  • 1. Où ? Donnez toujours votre adresse exacte en premier : numéro, rue, code d’accès, étage, repère (devant la boulangerie, à côté de l’école, parc, etc). Indiquez la ville, surtout s’il y a plusieurs rues du même nom.
  • 2. Qui ? Dites combien de personnes sont concernées et l’âge approximatif (“adulte”, “enfant de 8 ans”, “personne âgée”).
  • 3. Quoi ? Décrivez en une phrase simple ce qui se passe (“Un homme s’est effondré sur le trottoir, il ne bouge plus” ; “Mon bébé s’étouffe et ne respire plus” ; “Accident de voiture, une femme hurle de douleur”). Pas de diagnostic, dites juste ce que vous voyez ou entendez.
  • 4. Depuis quand ? Si vous le savez, indiquez l’heure (“Ça vient de se produire”, “Il y a dix minutes”).
  • 5. Que fait-on en attendant ? Écoutez attentivement. L’opérateur du SAMU ou des pompiers peut vous guider dès le téléphone (“Mettre la personne sur le côté”, “Commencer un massage cardiaque”, “Ne pas donner à boire”). On reste au téléphone tant qu’on ne vous dit pas de raccrocher.

Un exemple concret

La semaine dernière, une enseignante de maternelle m’a raconté : “Un enfant s’est mis à respirer très vite, on pensait qu’il faisait une crise d’asthme, mais on n’était pas sûrs. J’ai appelé le 15. Au téléphone, la dame m’a calmement posé toutes les questions (‘Adresse’, ‘Combien d’enfants’, ‘Qu’est-ce que vous voyez ?’), puis elle m’a dit de surveiller sa respiration et de rappeler si ça empirait. Les secours étaient là en moins de 10 minutes.”

Dans ce cas, la clarté de l’appel a fait la différence. L’équipe savait quoi emmener, savait où aller, savait ce qui attendait sur place.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire, même sous le stress

  • Ne jamais raccrocher le premier. On attend que l’opérateur nous dise de couper l’appel, même si on pense avoir tout dit. Des instructions vitales peuvent être données à la dernière seconde.
  • Ne pas jouer au médecin. On décrit, on ne “diagnostique” pas : dites ce que vous voyez ou entendez (“il respire bizarrement”, “elle saigne beaucoup”, “il parle mais n’arrive pas à se lever”).
  • Garder la ligne libre. On ne rappelle pas tout de suite si on n’a pas d’élément nouveau : ça surcharge les lignes. Beaucoup de centres reçoivent 10 à 20% d’appels doubles lors des gros accidents (source : Le Parisien).
  • Ne jamais minimiser la gravité si on doute. Si vous avez un doute, mieux vaut appeler et décrire ce que vous voyez. Les services d’urgence préfèrent un appel “pour rien” plutôt qu’un problème passé sous silence.

Quelques chiffres sur les appels d’urgence

Chiffre cléDétailSource
20 à 30 millions Nombre d’appels reçus chaque année par les services d’urgence français (SAMU, Pompiers, Police) Ministère de l’Intérieur - 2023
45% D’appels au SAMU nécessitent un envoi d’ambulance ou de médecin — le reste relève d’un conseil médical ou d’un transfert aux pompiers/police Cour des Comptes - 2021
70% Des Français ne connaissent pas le numéro européen 112 (France Info), alors qu’il fonctionne dans toute l’Union européenne. France Info - 2019
1/3 Des appels d’urgence sont passés depuis un mobile, ce qui peut compliquer la géolocalisation si on ne précise pas l’adresse INSEE - 2022

Les bons réflexes à garder en tête (et à partager dans la famille)

  • Préparer un “mémo urgence”. Sur le frigo ou près du téléphone : les numéros clés, l’adresse exacte, code porte si besoin. Pour les familles, les baby-sitters, les grands-parents… ça rassure tout le monde.
  • En cas d’appel depuis un portable : Précisez toujours la localisation (dans un bois, sur la route entre tel village et tel village, etc). On n’est pas automatiquement localisé sur tous les réseaux.
  • Ne pas hésiter à passer le relais à un témoin plus calme. Dans les groupes, parfois c’est un voisin qui sait tenir la conversation sans paniquer.
  • En zone blanche (pas de signal mobile) : Sachez que dans plus de 85% des villages français, le 112 peut passer même si les opérateurs classiques ne passent pas (source : ARCEP).

Que dire si la victime est un enfant, une personne âgée ou en situation de handicap ?

Pour un enfant : précisez l’âge, le poids si vous le connaissez (utile pour l’envoi de matériel adapté).

Pour une personne âgée : signalez les antécédents connus (“personne diabétique”, “sous anticoagulants”, si vous savez).

Pour une personne en situation de handicap : dites-le dès le début, pour adapter l’intervention (accès, aide technique).

Dans tous les cas, on ne cache rien, et on ne pense pas à la “perte de temps”. Les opérateurs sont habitués à poser beaucoup de questions. Plus vous êtes précis, plus l’aide arrive efficacement.

Faut-il rappeler ou insister ?

Si la situation change brusquement (victime qui perd connaissance, arrêt de la respiration, incendie qui se propage…), il faut rappeler. Mais si tout est stable, on attend les instructions. Lors des attentats du 13 novembre 2015, le trop-plein d’appels a saturé le 17 et le 15, rendant la gestion plus difficile (source : France Inter).

Les outils d’aujourd’hui : applications, SMS, traduction

  • Applications mobiles (SAUV Life, Urgence 112, etc) : Elles peuvent permettre d’envoyer une géolocalisation automatique aux secours.
  • SMS d’urgence : Possible pour les personnes malentendantes, au 114. Depuis 2021, ce numéro centralise les SMS d’urgence pour handicap auditif.
  • Traduction instantanée : Au 112, un service de traduction est possible dans 40 langues pour aider les touristes ou expats (source : Union Européenne).

Oser apprendre, c’est déjà protéger

Personne ne naît “bon” pour appeler les secours. On apprend souvent sur le tas, parfois après une mauvaise expérience. En parler en famille, à l’école, à ses enfants ou ses collègues, c’est se préparer à agir vraiment le jour où… Ce n’est pas du temps perdu, au contraire. Pensez à poser la question autour de vous : combien connaissent le 112 ? L’emplacement exact de l’accès secours à la salle de sport, où se trouvent les défibrillateurs, etc. Ces petits détails font toute la différence.

Si vous lisez ces lignes, vous avez déjà fait le premier pas. Les vraies urgences, ce ne sont pas que dans les films. C’est dans nos cuisines, nos routes, nos écoles. Parler, s’entraîner, se rappeler les étapes… c’est déjà agir pour plus de sécurité.

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