13 février 2026

Transmettre les gestes qui sauvent aux enfants : conseils concrets pour les petits et les grands

Pourquoi apprendre les gestes de secours dès l’enfance ?

Un enfant qui sait protéger, alerter, réagir, c’est une graine de vigilance plantée pour toute la vie. Pourtant, on n’enseigne presque jamais ça à l’école primaire, encore moins en maternelle. Et pourtant, d’après la Croix-Rouge française, plus de 20 000 vies pourraient être sauvées chaque année si 20 % de la population connaissait les gestes de premiers secours (source).

Un enfant n’aura jamais les réflexes d’un adulte entraîné, et ce n’est pas grave. L’enjeu, c’est d’intégrer quelques repères simples, pour oser agir en cas de besoin, sans jamais se mettre en danger.

  • Parce que les accidents domestiques arrivent partout : la moitié des accidents de la vie courante concernent les enfants de moins de 15 ans (Santé Publique France).
  • Parce que les enfants sont souvent témoins avant d’être victimes : dans la cour, sur la route, à la maison, ils voient d'abord ce qui se passe, avant d’être impliqués eux-mêmes.
  • Parce qu’apprendre jeune, c’est retenir pour longtemps : tout comme le vélo, les gestes du secours s’ancrent avec la répétition.

Et surtout, parce qu’être acteur – même petit – ça donne confiance en soi.

Quels gestes peut-on vraiment transmettre aux enfants ?

Ce n’est pas apprendre la réanimation complète à un enfant de 6 ans. Mais oui, même les plus petits peuvent intégrer des réflexes essentiels.

  • Savoir appeler à l’aide. Composer le bon numéro, décrire simplement la situation.
  • Se protéger et protéger les autres. Ne pas toucher une prise, éloigner quelqu’un du danger.
  • Reconnaître une situation anormale. Quelqu’un qui tombe et ne répond plus, un gros saignement, un enfant qui s’étouffe.
  • Faire le relais auprès d’un adulte. Parfois, courir chercher maman, un voisin, ou le maître, c’est déjà sauver quelqu’un.

Entre 3 et 6 ans, tout passe par le jeu et l’image. À partir de 7-8 ans, on peut aller plus loin : mettre une personne en position latérale de sécurité (la fameuse "PLS"), comprimer un saignement avec un chiffon, reconnaître de la détresse respiratoire (une personne qui ne parle plus, qui devient rouge ou bleue, qui porte les mains à la gorge).

Mais attention...

On reste à leur portée. L’objectif, ce n’est pas de les effrayer, mais de les rendre acteurs, chacun à son niveau.

Comment rendre l’apprentissage concret ?

C’est souvent là que ça coince. Comment expliquer le 18 ou le 112 à un enfant sans le perdre dans les détails ? Comment transformer un grand principe ("il faut alerter") en réflexe concret ?

  • On part d’exemples du quotidien.
    • “Si on trouve papa par terre dans le salon, qu’est-ce qu’on fait ?”
    • “Si la petite sœur met un objet dans la bouche et bloque sa respiration, à qui demander de l’aide ?”
  • On montre, on mime. On peut faire semblant d’appeler : “Allô, c’est le 18 ? Mon papa est par terre, je suis à la maison, 17 rue de la Gare.” L’enfant répète, invente, s’exerce.
  • On utilise le dessin. Les enfants adorent : imaginer la maison, dessiner le téléphone, symboliser le danger…
  • On ne dramatise pas, on rassure. “Même si tu as peur, même si tu ne sais pas tout dire, il vaut mieux appeler. Les gens du 15 te poseront des questions.”

Quelques repères d’âge : que peut-on attendre à chaque étape ?

Tranche d'âge Ce qu’on peut apprendre/pratiquer Outils/conseils adaptés
3-5 ans Reconnaître “ça va”/“ça ne va pas”, demander de l’aide, reconnaître le téléphone, savoir qu’il faut appeler un adulte Mimes, histoires, dessins, jeux symboliques (“fais comme si tu appelais...”).
6-8 ans Composer le 15/18/112, décrire le problème, localiser la maison, imiter quelques gestes (mettre quelqu’un sur le côté, comprimer une plaie avec un linge) Vrai téléphone jouet ou réel débranché, scénarios-types ("et si..."), BD, vidéos courtes.
9-12 ans Repérer les dangers, mener une alerte structurée, initier un geste simple (PLS, point de compression), guider un adulte plus perdu Mini-formations, jeux de rôle, supports vidéos interactifs, badges à gagner.

Ces repères ne sont pas figés. L’essentiel, c’est d’avancer à leur rythme, sans pression.

Des astuces pour intégrer facilement les gestes de secours dans le quotidien

  • Posters les numéros d’urgence à la maison. À portée d’yeux (près du téléphone, sur le frigo), avec l’adresse complète. Pratique si l’enfant doit guider les secours.
  • Mimer régulièrement. On joue à “Et si ça arrivait ?” De temps en temps, sans dramatiser, pour ancrer sans stresser.
  • Regarder ensemble des vidéos adaptées. De nombreuses ressources (Croix-Rouge, Pompiers de Paris) proposent des films pour enfants.
  • Assister à des ateliers “Gestes qui sauvent”. Initiations organisées dans beaucoup de communes ou associations à partir de 6 ans (Croix-Rouge, Protection Civile, Pompiers).
  • Laisser les enfants guider l’adulte. En jeu de rôle, ils adorent “faire comme les grands”… et vous serez surpris de leur mémoire.

Ce qu'on peut dire, ce qu’il vaut mieux éviter

  • Parler simplement. Utiliser des mots comme “bobo qui saigne fort” plutôt qu’“hémorragie”.
  • Rassurer toujours. “Il y a toujours un adulte ou un secours à appeler, tu n’es jamais tout seul.”
  • Ne pas faire peur inutilement. Éviter les images choquantes. On n’apprend pas en étant terrorisé. Pas de “Si tu n’apprends pas, il peut arriver le pire…”

Exemples d’initiatives et ressources utiles

  • En France, la formation PSC1 (Prévention et Secours Civiques niveau 1) est accessible dès 10 ans selon les recommandations gouvernementales. Mais des ateliers plus simples existent dès la maternelle (Education.gouv.fr).
  • Des livres illustrés pour enfants abordent le sujet, comme “Max et Lili face aux accidents de la vie” ou “Les gestes qui sauvent” de Bayard Jeunesse.
  • La Croix-Rouge publie régulièrement des ressources pour enfants, en accès libre, sur son site (Jeux interactifs Croix-Rouge).

Petite anecdote vécue : la semaine dernière, une institutrice m’a raconté qu’à l’école, lors d’un atelier, une petite fille de CP a spontanément expliqué comment composer le 18 parce que “chez elle ils le font souvent en s’amusant à la maison”. Quand un incident est arrivé à la récré, c’est la première à avoir guidé un adulte à appeler les secours. Comme quoi, un simple jeu peut, parfois, faire la différence.

Pour aller plus loin : encourager la curiosité, sans jamais la forcer

Vouloir apprendre, c’est déjà agir. On peut tous transmettre un peu de cette culture du secours, à la maison, à l’école, dans les activités extra-scolaires.

  • Proposer un livret des gestes simples à colorier ou à compléter.
  • Demander à l’école d’organiser une intervention avec les pompiers locaux (souvent possible dès le primaire).
  • Faire équipe avec les copains, frères et sœurs. “C’est toi qui me montres aujourd’hui comment on fait la PLS !”.

Chaque enfant apprend différemment. Certains sont prêts à réagir vite, d’autres auront d’abord besoin d’être rassurés. Le plus important, c’est d’installer l’idée : “Tu as le droit d’aider. Même petit, tu comptes.”

Si vous transmettez ces gestes à vos enfants, même un seul d’entre eux, vous participez à rendre notre entourage plus fort, plus sûr, plus solidaire.

Et si vous êtes arrivé jusque-là, vous avez déjà fait un grand pas pour plus de sécurité autour de vous. Continuez à cultiver cette envie – et partagez-la autour de vous.

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